Comores, une biodiversité endémique méconnue

comores 2Le «Pteropus livingstonii », une espèce en danger critique selon la classification de l’IUCN, figure parmi les espèces ciblées par DAHARI dans le cadre de son projet « Identifying and Monitoring Terrestrial  Conservation Priorities in the Comoro Islands, and Building Results into Policy and Practice », financé depuis juillet 2015 par le CEPF. Le projet prend en compte les mécanismes de conservation existant sur place pour mieux conserver l’espèce. Ainsi, c’est à Adda, village riverain de la Forêt de Moya, sur l’île d’Anjouan que Ravaka Ranaivoson, Manager CEPF RIT MADIO, accompagnée par l’équipe de l’ONG comorienne DAHARI a visité un des dortoirs du Pteropus livingstonii lors de sa mission à l’archipel des Comores, au mois d’avril dernier. Ces dortoirs situés en pleine forêt anthropisée sont constitués par des Gambeya  où dorment une dizaine de chauve-souris. La Forêt de Moya, culminant à 894 mètres d’altitude, est une zone caractérisée par la présence de grands arbres. C’est une forêt humide abritant entre autres les Paroedura sanctijohannis (gecko), Pteropus livingstonii et Rousettus obliviosus (chauve-souris), Jumellea anjouanensis (orchidée) et Khaya madagascariensis (bois d’acajou). Pour en revenir au projet supra, Dahari initie des « contrats de conservation » avec les agriculteurs de l’île – contrats se traduisant sous forme de compensation en matériel et semence pour les paysans locaux engagés à conserver les dortoirs des Livingstone au niveau de leurs parcelles agricoles. Le paysan sera également associé au programme touristique développé par cette ONG comorienne. Un bon avancement général du projet a été constaté et une visite-échanges à Madagascar est prévue d’ici la fin de cette année. La collaboration avec l’Université des Comores pour la formation des étudiants et le partage de données est maintenant effective ainsi que la collaboration avec le PNUD pour l’intégration de la Forêt de Moya dans l’APC.

DSC_0210Continuant sa visite à Anjouan, c’est dans la Zone de Bimbini – site du projet  «Towards a Blueprint for Locally-Managed Marine Conservation in the Comoros: Building the Knowledge Base and Capacity for Monitoring and Management », projet initié par Blue Ventures Conservation, que s’est ensuite rendue Ravaka. La zone marine et côtière de la presqu’île de Bimbini à Anjouan abrite une biodiversité riche, à la fois au niveau des écosystèmes (mangrove, récifs coralliens frangeants développés, plages autrefois utilisées par les tortues comme sites de ponte, herbiers) et au niveau spécifique. La mangrove de Bimbini est une bande de palétuviers fragmentée qui s’étend sur 7 km de la côte sud-ouest. Les herbiers sous-marins sont développés et servent d’habitat et de site d’alimentation pour de nombreuses espèces, dont les tortues marines Chelonia mydas et le dugong Dugong dugon. Le projet porte entre autres sur le renforcement de capacité des villageois en suivi écologique des mangroves, le suivi de pêche. Ce projet bénéficie d’une grande subvention du CEPF depuis octobre 2015.